Lucarne
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« Je me suis enfermée chez moi.
Sous les toits, dans une cabane de poutres. Les murs tremblent au passage du tram, les vibrations des cloches m’assourdissent. Pourtant, c'est le silence et le calme absolu. Le tintamarre de la ville est lointain, perché dans mon antre.
Au réveil, mes paupières s’ouvrent sur un tableau de ciel. Parfois, souvent, dépourvu de couleur. Elles coulent le long de la fenêtre. Nettoyées par la pluie, englouties, étranglées. Elles glissent sur le toit pour s’étaler sur le béton.
Ma tête se redresse ensuite vers les nuages. Et là, le ciel s’offre à moi. Dans un tourbillon de particules, de tâches et de coups de pinceau, les éclaircies et les bourrasques m’entrainent.
Il y a le rose intergalactique, les glaciers cumulus, les cicatrices des avions, les moustaches célestes. Ruissèlement, chute libre, les précipitations m’emmurent. Parfois, le déluge est lointain, à des années lumières. Parfois, le gris muet monochrome se glisse dans mon lit et m’étouffe.
La perception de distance vibre dans tous les sens. Comme une chute de tension. Mais je reste spectateur, passive, immobile. Placide.
Finalement, ce qui compte, c’est mon grenier et le volume triangulaire qu’il occupe. Ce sont les réflexions sur le velux, le cercle de buée qui prend vie chaque jour, les ombres qui me frôlent, l’isolation qui m’enveloppe et m’emporte.
Vers l’intérieur de moi-même jusqu’au cœur de l’au-delà, en passant par le ciel. »
Photos prises en 2023-2024-2025
Argentique, 35 mm, couleurs
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